Ouvrir la voix à tous ses possibles

Investir le corps entier dans le chant

Allier liberté et maîtrise technique

 

 

LE PARCOURS 

 

Tamia Valmont

 

Tamia Valmont enseigne le chant depuis 1973, en France, en Italie, au Cameroun, en Suisse, aux USA, en Finlande.

Elle a enseigné à l'Université – Paris VIII et New York University – et donne des stages pour les comédiens et chanteurs professionnels, notamment dans le cadre de la formation continue, depuis 1977.

 

citationAprès 40 années d'enseignement du chant, j'ai dû suspendre cette activité pour me consacrer à la réédition de mon dernier disque et à la préparation du prochain. Je reprendrai les cours après la sortie du prochain album début 2019.

Tamia

 

 

 

LA DÉMARCHE

 

Extraits de l'article écrit par Tamia Valmont, paru dans "MUSIQUES Apprendre / Pratiquer" édité par : Cité de la musique - Les Editions.

Avec la voix, il n’y a pas l’intermédiaire d’un instrument. On se sent à nu. C'est ce qui en fait la beauté et la force : ce rapport si direct à l’émotion.

Qu’est-ce qu’une technique vocale ?

C’est la recherche de l’efficacité : le maximum de résultat avec le minimum d’énergie. Donc, élargir l’étendue de sa voix vers le grave et l’aigu, savoir moduler le volume, avoir un son qui porte sans effort et qui corresponde au style que l’on interprète. On voit bien que la façon de chanter d’un artiste lyrique n’est pas la même que celle d’un chanteur de flamenco. Mais quelque soit le style de chant, il y a le même corps dont les lois ne peuvent se transgresser longtemps sans engendrer une fatigue.

Il existe donc un tronc commun à toutes les techniques vocales avec le travail de la respiration et de ce qu’on appelle le «placement», qui permet à la voix de résonner sans effort. Toujours la nécessité de trouver dans le corps les points d’appui, d’avoir une bonne coordination entre les différentes zones de l’instrument.

Ensuite, selon le style de chant, il faut préciser certains modes d’émission, de façon à respecter ces différentes musiques. On ne peut chanter du gospel comme on chante Mozart. Cela implique de développer plus particulièrement certaines zones de la voix. D’autre part, il faut trouver la couleur ou les couleurs qui conviennent à tel ou tel style. Il s’agit là de la technique des timbres. Ce sont des domaines que j’ai particulièrement développés dans mon enseignement.

Avoir une bonne technique, c’est, quoi que l’on chante, trouver le geste vocal approprié, c’est-à-dire une bonne coordination du corps pour produire le son désiré.

Être un bon chanteur, c’est être un bon musicien. La voix est l’instrument du chant. Et le chant, c’est de la musique. Aborder le solfège dans la pratique même d’une chanson, d’un air, et non dans l’abstrait, en facilite l’accès. Nombreux sont ceux qui se sentent bloqués face à un monde ressenti comme fermé, avec un langage codé, un univers inaccessible.

La finalité de la technique musicale est de donner le sens du phrasé. Une mélodie, de même qu’un texte, est faite d’une succession de phrases. Selon la façon dont on va l’énoncer, on va rendre la mélodie intelligible et vivante. On l’habite d’un mouvement qui lui donne sa force d’expression. On entre au cœur de la musique.

Concernant l'interprétation, on peut ne pas se limiter à un seul style. C’est ce que je propose dans mes ateliers « Chanter différentes musiques ».

Par ailleurs, il semblerait qu’il y ait en chacun de nous un chant enfoui. Lorsqu’il affleure à travers l'improvisation on est saisi par sa puissance émotionnelle. Se réveillent une force de jaillissement, une spontanéité que l’on peut mettre aussi au service de l’interprétation. C’est un outil pour apprendre à oser, à dépasser la peur, pour retrouver une relation d’intimité avec sa voix.

Former un chanteur, c’est l’aider à devenir performant, sans doute. Mais si on en fait une machine bien « formatée », on perd de vue ce qui fait l’essentiel du chant : sa capacité, plus que tout autre instrument, à communiquer une émotion, à faire rêver.